L’heure est grave. Depuis le temps que je parcours les Internets à titre privé ou professionnel, je crois que mes yeux (et mes oreilles) ont été trop largement agressés par une épidémie comparable à celle du WordArt et du Comic Sans MS réunis.

Non, non, je n’exagère pas.

Toi aussi tu as remarqué ? Tous ces sites web moches. Non ? Il y a même un classement des sites web moches, je n’invente rien. (Les Craypion d’or, et c’est très bon esprit, j’adore!)

Bref, je n’ai pas du tout l’intention de jeter la pierre aux personnes ayant conçu ces pages web. Pas du tout.

Je trouve simplement ça extrêmement dommage ! C’est plutôt une indignation devant tout ce gâchis qui m’anime.

Souvent on sent la passion derrière l’écran… mais pour une raison de pure forme, on ne la prend pas au sérieux.

Pour moi c’est comme un texte hyper intéressant mais bourré de fautes d’orthographe. Le lecteur va se lasser de déchiffrer le contenu au bout d’un moment. Et il va aller voir ailleurs. Pire, il va tourner en dérision le contenu. (Oui, bon, je parle pour moi, c’est vrai. J’ai l’impression de perdre un point de vie à chaque fois que je bute sur une faute d’orthographe.)

Le design est-il lisible et agréable ?

Es-tu sûr/e que c’est une bonne idée ton texte rouge sur fond bordeaux en majuscules manuscrites ? Tu aimes peut-être les camaïeux de rouge et les typos fantaisie mais… ton lecteur ? Il aime, lui ?

Il n’y a aucun souci à utiliser des designs décalés qui piquent les yeux pour mettre en ligne tes photos de vacances avec tata Ginette à Triflan-les-Bains. Et puis ça permet de participer aux Craypion d’or.

Ceci dit, communiquer avec un client potentiel via ton site professionnel, c’est une autre paire de manches. Tu risques de ne pas vraiment le convaincre de ton sérieux et de ta fiabilité. C’est dommage, non ? Surtout si tu l’es, sérieux/se et fiable ! Dans le doute, je vais supposer que oui.

L’information est-elle claire ?

Avant toute chose, pense à la personne qui va visiter ton site. Est-ce que c’est facile pour elle de comprendre de quoi il en retourne ? Ou est-ce qu’elle doit y passer des heures pour comprendre qui tu es et ce que tu proposes ? Est-ce que l’information utile (pour elle!) est lisible facilement ?

Si le visiteur doit faire un effort énorme pour comprendre de quoi il s’agit et déchiffrer les textes en plissant les yeux et tournant la tête à 45 degrés, il va se lasser très vite. À moins d’avoir une très bonne raison de le faire. Ce qui peut arriver, sur un malentendu. Si tu es célèbre, par exemple.

Pareil, si ton lecteur a très très envie d’aller sur ton site, il est peut-être prêt à attendre les 20 secondes de chargement de ta page d’accueil. Dans le cas contraire, il risque de quitter la page avant qu’elle s’affiche…

Le site est-il adapté au mobile ?

Et puis si ton visiteur consulte ton site sur son mobile et qu’il doit zoomer, tourner son écran et faire défiler dans tous les sens pour juste pouvoir lire les 15 mots de ta page d’accueil, c’est compromis aussi. Il faut une sacrée bonne raison pour perdre son énergie à faire un truc pareil.

Et si ton visiteur a à peine entendu parler de toi ou qu’il a d’autres chachas à fouetter, il va certainement passer à autre chose. Rien de plus facile quand on est connecté que de passer d’une tâche à l’autre (tu as remarqué ça, toi aussi?)…

Mais il n’y a pas que le design. Je fais du graphisme, alors pour moi le design, c’est important. Mais c’est pas tout non plus.

Le nom de domaine est-il mémorisable ?

Parmi les maladresses fréquentes, il y a aussi ces noms de domaine compliqués et dont on ne se souvient jamais. Ça peut être un nom de domaine difficile à retenir ou trop proche d’un autre.

Tu as rencontré une personne la semaine dernière et tu lui as parlé de ton site ? Super !

Est-ce qu’elle a les moyens de le retrouver si tu as déjà dû lui expliquer longuement que c’était un jeu de mot, et avec un ‘x’ à la place du ‘s’ parce que c’était déjà pris ? C’est possible, bien sûr, mais c’est lui compliquer la tâche inutilement !

Les URL sont-elles intelligibles ?

Ça peut être une arborescence de pages compliquée (avec beaucoup trop de ‘/’ du style : machin.bizsite.com/site/blog/).

C’est se tirer une balle dans le pied que de miser sur des URL pareilles. (Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi?).

Ou ça peut être un article de blog avec cette URL : machintruc.com/7492005867363. Pas très parlant.

Encore et toujours le même mot d’ordre : penser à l’utilisateur final, le visiteur du site.

C’est pour lui que le site doit être conçu. Pour que ce visiteur soit chouchouté, pour qu’il se sente bien, pour que ce soit facile pour lui d’accéder à ce dont il a besoin.

Et comme ça, il est content, tu es content, tout le monde est content !

La navigation est-elle facile ?

Dans la même idée, si à chaque clic, le visiteur se retrouve sur une page d’erreur (que ce soit une erreur 404 ou une autre), ça pourrait peut-être le frustrer ou l’agacer (mais ce sont des suppositions basées sur ma seule expérience, alors difficile de le savoir).

Et il se pourrait fort bien que ce visiteur reparte la tête basse en se disant que c’est vraiment trop dommage de ne pas pouvoir accéder à ces délicieuses informations promises ou à cette vidéo de chatons mignons.

Il pourrait aussi utiliser la magie noire pour attirer le mauvais œil sur ce site et son propriétaire. Mais ceci est pure spéculation.

La publicité est-elle adaptée ?

Certains sites web font usage de la publicité. C’est OK d’utiliser la publicité intelligemment. Mais est-ce que ça ne rebute pas le visiteur ? Est-ce que ça vaut la peine de faire partir le chaland pour des revenus publicitaires ? C’est une vraie question à se poser. Moins de visiteurs, moins de revenus…

Pareil pour la publicité pour une plateforme d’hébergement et/ou de gestion de contenu du site web. Est-ce qu’un panneau publicitaire disant « Toi aussi, crée facilement et gratuitement ton site avec tartempion-site.com » vaut réellement les économies de bout de chandelle de ne pas avoir acheté un nom de domaine (et un hébergement) ?

Tu imagines l’impact sur l’image de marque ?

Ce n’est absolument pas crédible d’avoir un site web pour une activité professionnelle avec ce genre de message.

Ce que je lis, moi, c’est ça : « Mon activité ne vaut pas la peine que j’investisse quelques dizaines d’euros par an dans un site web ».

Pas trop envie d’acheter, du coup. Ça a pas l’air trop sérieux par ici. Adieu.

T’es-tu présenté-e ?

Et au fait, à qui je parle ? C’est peut-être un point plus subjectif mais il existe un certain nombre de sites web où on ne sait absolument pas à qui on a affaire.

Hormis le fait que ce soit une mention obligatoire sur tout site web (et qu’elle n’y est pas toujours), c’est tout de même très fâcheux de ne pas savoir qui communique à travers ce site. Pas même un prénom ou un pseudo. Parfois il n’y a rien du tout.

Ça pose problème pour entrer en contact avec le propriétaire du site, surtout si celui-ci propose une prise de rendez-vous. C’est compliqué pour pas grand chose.

Imagine-toi au téléphone en train de prendre rendez-vous chez un médecin dont tu ne connais pas le nom. Ça te semble logique, toi ? Ben moi, non. Et il y a des chances pour que je ne le fasse pas.

Et que dire des pages « À propos » très détaillées sur la vie intime de la personne mais qui ne mentionne absolument pas son nom ou un pseudo ? Il n’y a que moi qui trouve ça hyper bizarre ?

Je ne remets absolument pas en cause le professionnalisme, la passion et le sérieux de toutes les personnes qui ont créé tous les sites qui m’ont inspiré ces mots.

Ce n’est absolument pas le sujet.

Simplement, Internet est un endroit qui se base sur une forme de confiance. Et ce que je dis ici, c’est que certaines maladresses faussent complètement cette relation de confiance que tu peux essayer de créer avec les visiteurs.

Tu peux être hyper bon dans ton domaine, si quelqu’un qui ne te connait pas arrive sur un site web bricolé et bancale, il va certainement catégoriser ton activité comme bricolée et bancale.

Et c’est vraiment trop dommage. Car ceux qui ont besoin de toi risquent de passer à côté de ce que tu peux leur offrir.

Et si la technique derrière un site web te rebute complètement, plutôt que de chercher à tout faire toi-même, délègue tout simplement cette partie !

À moi, par exemple.