À l’heure où la plupart des gens ont pris conscience de la crise écologique que nous traversons, beaucoup de marques se positionnent sur le créneau de l’éco-responsabilité. En soi, rien de mal à ça : les consciences ont évolué et c’est tant mieux.

Sauf que… pas toujours facile pour la personne lambda de démêler les vraies promesses écologistes du vil greenwashing visant à faire passer pour écologique une marque pas du tout écolo. Il y a beaucoup à dire et certains le font très bien.

 

Cet article aborde uniquement la question des sites web créés avec WordPress. Un site créé avec WordPress est-il ou peut-il être éco-responsable ? Que veut dire exactement “éco-responsable” pour un site web ? Les créateur·rice·s de sites web écolo font-ils du greenwashing ou ont-ils des arguments qui tiennent la route ?

Avant d’aller plus loin, je tiens à annoncer d’emblée que le sujet est un brin complexe et qu’il n’y aura pas de réponse manichéenne (oui/non) à ces questions simplistes. Sinon je n’aurais pas écrit tout un article sur le sujet, juste un tweet !

Ce qu’est WordPress

WordPress fait tourner environ un tiers des sites web sur Internet (certains chiffres parlent plutôt de 40%). La particularité de WordPress est qu’il s’agit d’un CMS (content management system), un système de gestion de contenus, au même titre que Joomla!, Drupal, Squarespace ou encore Wix. Ce qui veut dire que WordPress vient avec un portail de publication d’articles et de pages qui facilite la vie des propriétaires de sites, surtout qu’il n’est pas forcément nécessaire de coder quoi que ce soit.

Le revers de cette facilité d’utilisation est que WordPress peut être beaucoup plus lourd et complexe techniquement qu’un site sans CMS, par exemple par rapport à un site dit statique, sans base de données.

Si en plus on utilise un constructeur de pages comme Elementor ou Divi, on alourdit encore la complexité technique.

La complexité des CMS

Quel rapport entre la complexité et l’éco-responsabilité ? C’est très simple, plus un site est complexe et lourd, plus il consomme de ressources. Plus il consomme de ressources, plus il pollue. On met à la poubelle le mythe du “dématérialisé” : un site web a besoin de serveurs, d’électricité, de câbles réseaux pour fonctionner et puis d’ordinateurs, smartphones et tablettes pour être consulté.

Est-ce une fatalité ? Pas entièrement. Mais un peu quand même (j’avais dit en début de l’article que le sujet n’était pas de l’ordre du bien/mal !).

Les bonnes pratiques

Il existe tout un tas de bonnes pratiques générales concernant les sites web. Ces bonnes pratiques visent à optimiser les performances, la sécurité, à épurer l’ergonomie, optimiser l’expérience utilisateur, améliorer le référencement naturel (SEO), etc.

Et il y a une certaine convergence de toutes ces approches.

Par exemple, limiter le poids des pages web en compressant les images allège le site web et donc augmente les performances et l’expérience utilisateur car le chargement est plus rapide. Le SEO est lui aussi légèrement boosté. Compresser le poids des images réduit ainsi l’empreinte écologique du site puisque moins de ressources sont utilisées.

Compresser les images est une pratique parmi d’autres, tu vois l’idée ! 

Autre exemple : éviter d’avoir certaines animations d’éléments sur son site web est à la fois une bonne pratique en terme d’accessibilité (c’est plus lisible et plus facile d’accès pour tout le monde sans animation) donc d’ergonomie et cela réduit aussi les ressources utilisées lorsqu’on consulte le site web, et donc cela limite son empreinte écologique.

En somme, tout le monde y gagne. C’est surtout ça que je retiens, moi.

Les bonnes pratiques globales réduisent la consommation de ressources parce qu’elles permettent de :

  • limiter les fonctionnalités au strict nécessaire 
  • gérer intelligemment les contenus (compresser ou vectoriser les images, faire le ménage dans la base de données, etc.) 
  • éviter de créer des usines à gaz en appelant des services externes ou des scripts gourmands 
  • mettre en mémoires caches tout ce qui peut l’être 
  • etc. 

L’écrémage jusqu’au bout

Malgré tout cela, le fait d’utiliser WordPress fait qu’on ne peut pas réduire au maximum les ressources utilisées. D’autant plus si on utilise un constructeur de page (Elementor, Divi, Beaver Builder, etc.) qui ajoute une surcouche de complexité technique à WordPress.

Ne pas utiliser de constructeur de pages ? C’est aussi un moyen de réduire les ressources. Il est même possible d’aller plus loin et d’utiliser un thème développé sur-mesure pour éviter l’effet usine à gaz de certains thèmes disponibles (WordPress a tout de même besoin d’un thème pour fonctionner).

Bref, tu vois bien, là, on pinaille un peu. On ne peut pas tout bien concevoir pour que le site ne consomme rien, ça n’est pas possible. Dans ce cas, il faudrait ne pas avoir de site. Et je rappelle volontiers que c’est une option tout à fait viable pour réussir en tant qu’indépendant·e.

L’hébergeur du site web

Alors il y a aussi un levier important côté hébergement du site web.

Bon, là aussi, il va falloir se montrer très vigilant·e au greenwashing car de plus en plus d’hébergeurs se sont mis sur le créneau et ne font qu’acheter des labels verts sans faire grand-chose. Et on peut aussi faire beaucoup de reproches aux énergies dites « vertes » qui ne sont pas si vertes que ça. Les éoliennes sont un exemple type d’infrastructures polluantes et sources de déforestation pour une énergie renouvelable.

Donc, avec toutes les pincettes que je peux prendre, la conclusion est : c’est vaguement possible de réduire son empreinte en choisissant un “bon” hébergeur. Mais il ne faut pas compter uniquement sur ça non plus. 

La sensibilisation

Voilà. Bon, tu l’as compris, dans cet article je t’ai incité·e à te poser des questions plutôt que de te donner des réponses tranchées (filoute que je suis !). C’est à mon sens plus important d’être sensibilié·e au sujet et d’accroître sa curiosité que de tenir fermement une poignée de solutions que l’on prend pour des solutions miracles fermes et définitives.

S’il y a une conclusion à retenir, c’est que confier ton site web à un·e professionnel·le de WordPress aura forcément un impact en termes de ressources utilisées (si ce pro respecte les bonnes pratiques !) et donc d’empreinte écologique. Tu peux aussi te tourner vers quelqu’un qui est fortement sensibilisé·e à ces questions pour en grappiller un peu plus. Mais ne t’attends pas à des miracles verts, ils n’existent pas. J’insiste.

Avant de partir

Et puis…  il faut aussi prendre en compte ce qui se cache derrière un besoin d’éco-responsabilité.

Attention, la prise de conscience peut piquer un peu si tu n’y as jamais réfléchi en ces termes. 

Beaucoup de personnes cherchent une cohérence entre leurs convictions et leurs actions.

C’est peut-être ton cas ? Alors j’ai envie de te dire : fais tout ce que tu peux. Ce sera peut-être (sûrement) un tout petit impact qui ne changera pas la face du monde, très très loin de là. Mais ce sera en alignement avec toi-même et ce sera très bien comme ça car tu auras pris cette responsabilité face à toi-même. 

Beaucoup de personnes cherchent à ne pas se sentir coupable de consommer (ou de vivre, souvent, ce qui est mille fois pire). Avec un site web éco-responsable ou non, c’est une course sans fin de chasse à la culpabilité.

C’est ton cas ? Là je peux te le dire dans les yeux sans sourciller : avoir un site web éco-responsable ne règlera pas tes soucis. Ne te trompe pas d’objectif, tu as surtout besoin de t’aimer tel·le que tu es ! *hug*

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