Cet article risque d’être un peu clivant. Je ne te demande pas d’être d’accord avec moi à 100 %. Je vais plutôt t’expliquer ce qui cloche à mes yeux dans le coaching et le développement personnel, surtout lorsque ces pratiques sont appliquées au monde professionnel, en particulier pour les indépendant.e.s et entrepreneur.e.s.

Le développement personnel n’est pas issu de la psychologie mais du New Age.

Et le New Age est lui-même issu de pratiques magiques, religieuses et occultes des années 1850. On est loin de l’idée qu’il viendrait du mouvement hippie des années 1970.

Le New Age, en quelques mots, c’est pas franchement positif. Ce sont toutes sortes de croyances magiques et charlatanesques qui sont apparues en réaction contraire aux progrès scientifiques, le tout mêlé de dogmes religieux. Si cela t’intéresse, je te conseille l’histoire du Nouvel Âge par Shadow Ombre (ce sera beaucoup plus détaillé et nuancé).

Naïvement j’ai cru, quand j’ai découvert le développement personnel, qu’il était issu de la psychologie. Les livres de psycho et de dev perso sont souvent sur les mêmes étagères dans les librairies et bibliothèques.

Spoiler alert : c’est faux.

Là où la psychologie est évaluée en terme d’efficacité (je parle de la vraie psychologie scientifique, pas des charlatans de la psychanalyse) et en constant réajustement, le développement personnel est figé et non évalué (donc dogmatique). Ou plutôt : ceux et celles qui connaissent le sujet savent que cela ne fonctionne pas.

Tout serait une question d’état d’esprit ?

Certes l’état d’esprit est important lorsqu’on entreprend. C’est évident : si on est plein d’entrain, on aura tendance à faire plus de choses, à garder une forme de motivation et à « plaire » aux autres lorsqu’on les rencontre.

L’état d’esprit est pourtant loin de faire tout, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les coaches.

S’il y a bien un truc qui revient sans cesse dans le milieu du coaching (professionnel ou non, d’ailleurs), c’est qu’il faudrait absolument s’occuper en premier lieu d’avoir un bon état d’esprit. Pourquoi ? Parce que nos pensées créeraient notre réalité. Un peu comme une prière, en fait : si on fait le vœu d’avoir la vie qui nous convient, elle va forcément venir. On appelle ça la pensée magique. Je te conseille cet épisode de Méta de Choc sur le sujet de la pensée positive

Et tu sais quoi ? Le revers de la médaille, c’est que si tu ne réussis pas à atteindre tes objectifs, ce serait de la faute de ton état d’esprit ! Essaie encore !

Non. Non et non.

Il peut y avoir des centaines de raisons qui font que ça ne fonctionne pas pour toi. Mais le plus souvent c’est un manque d’adéquation entre le marché et tes offres. C’est qu’il faut essayer encore. Encore et encore. Il n’y a pas de secret.

Le coaching est une industrie pyramidale

As-tu remarqué toi aussi que les coaches qui réussissent le mieux sont spécialisé.e.s dans l’accompagnement d’autres coaches ? Et que lorsque, par malheur, tu essaies d’appliquer leurs méthodes de coaching alors que tu n’es pas coach, les méthodes ne fonctionnent pas ?

Non, ce n’est pas toi le problème.

Le problème, c’est que le coaching évolue dans une sorte de bulle fermée où les méthodes ne sont applicables que dans l’environnement très fermé du coaching. Une fois initié.e, le seul moyen de s’en sortir est de devenir coach soi-même. Et, si possible, coach de coaches, en haut de la pyramide. Ai-je besoin d’expliquer qu’il est fort pertinent de douter de l’efficacité des méthodes de coaching dans ces conditions ?

Les coaches réussissent principalement parce qu’iels font espérer leur audience avec leur vie de rêve, soigneusement mise en scène sur les réseaux sociaux et autres médias. Cadres idylliques, revenus plus que confortables, liberté absolue.

Pourquoi ne pas faire comme elles et eux ? C’est bien humain d’avoir envie d’une vie aussi paradisiaque ! Le moyen le plus court est de se faire coacher, suivre une formation pour devenir coach (au prix fort, bien évidemment, « plus on paie cher, plus on est impliqué.e », disent les coaches).

Et ensuite tout faire pour donner envie à d’autres de faire pareil, pour se hisser au sommet d’une petite pyramide de coach de coach.

Arf mais on vous voit, hein. Milgram G a d’ailleurs fait une excellent vidéo sur le sujet.

L’appropriation culturelle, l’orientalisme, le post-colonialisme et l’appel à l’exotisme

Tous ces mots savants pour dire que le développement personnel et le coaching font souvent appel à des concepts mal compris issus du Bouddhisme, le l’Hindouisme, du Chamanisme, et d’autres cultures lointaines. Plus c’est lointain et plus ça semble bien aux yeux des personnes occidentales paumées que nous semblons être.

Derrière une soi-disant « sagesse des Anciens » se cache en réalité une profonde condescendance (et tous les mots en -isme mentionnés plus tôt) envers des peuples qualifiés de « primitifs ».

C’est pas très glorieux pour des personnes qui veulent changer le monde. Hum ?

L’hyper-individualisme

Un sujet qui est récurrent dans le développement personnel et le coaching : on peut être qui on veut, faire ce qu’on veut, si seulement on s’en donne les moyens.

Très franchement je trouve ça plutôt bien quand on cherche à s’émanciper de certaines injonctions et normes qui nous empêchent d’avancer et nous enferment dans un rôle qui ne nous convient pas.

Mais on se confronte très vite à la réalité quand on est parti sur ce terrain-là. D’une part, non, on ne peut pas faire tout ce qu’on veut : il existe des limites physiques, sociétales, humaines, etc. Même si notre ego voudrait croire le contraire.

D’autre part cela a un effet apolitisant et individualisant qui me semble dangereux : à force de croire que tout part de soi, ses actions et ses choix, on en vient à oublier qu’on vit dans une société où il pourrait être utile de s’entraider et se coordonner pour effectivement apporter les changements qu’on voudrait voir dans le monde (pour paraphraser cette citation galvaudée que l’on lit beaucoup trop souvent).

Si tu es intéressé.e, va donc voir du côté de indépendants.co, le syndicat des indépendants, né au début de la pandémie de covid-19. Leurs actions n’auraient pas été possibles si elles avaient été faites par une seule personne dans son coin.

Le complotisme

C’est une dérive courante quand on est déjà « branché.e » développement personnel que d’embrayer sur toutes sortes de théories du complot.

Personnellement je n’en avais pas conscience avec la pandémie. Mais j’ai vu dans mon entourage professionnel une déferlante de partages de fake news qui m’a surprise et indignée.

Bref, il y a une certaine porosité entre développement personnel, coaching et théories du complot. Je n’ai pas envie de rentrer dans les détails, faites donc vos propres recherches 😉

Les dérives sectaires

Une autre dérive courant est celle des dérives sectaires. Certaines personnes tombent sous l’emprise d’un gourou ou d’une gouroute (si ce mot existe?). Et cela peut arriver à n’importe qui, vraiment, il ne faut pas croire que ça ne puisse arriver qu’aux autres, ces faibles créatures.

Dérive favorisée par la jungle des réseaux sociaux où il est très facile de s’enfermer dans une bulle informationnelle. Je conseille la lecture de ce rapport de la MIVILUDES.

Le New Age est infiltré dans les milieux écologistes, féministes et autres militantismes

Étant par nature dogmatique et rétrograde, le New Age ne favorise pas vraiment les avancées sociales, techniques ou autres.

Par exemple le New Age appliqué au féminisme, c’est de poser comme base que les femmes sont réceptives et sensibles par nature, ce qui fait d’elles des guérisseuses (coucou Mona Chollet et son essentialisme à vomir, va donc lire cet article sur le sujet par la Mal Biaisée).

Pour l’écologisme version New Age, c’est tout ce qui touche à l’astrologie (comme récolter les fruits et légumes à la pleine lune), aux esprit et lutins, par exemple. Avec une forte idée de « Nature » (qui n’est autre qu’un nouveau nom pour « Dieu »).

Il y a des gens qui, comme moi il fut un temps (mais j’ai changé d’avis depuis), en finissent par rejeter les sujets comme l’écologisme qu’iels croient que la version New Age est la seule version, alors qu’elle n’en est que le parasite.

Le parasite à dégager fissa fissa si on souhaite faire avancer n’importe quelle cause.

Et n’importe quel business, qu’on se le dise !

Un business heureux est un business sans New Age, sans développement personnel et sans coaching 🙂

Ce qui n’empêche pas d’évoluer, bien au contraire. À la poubelle les dogmes, accueillons plutôt la réalité !

Petit aparté : Les employé.e.s ne sont pas en reste, ne sois pas jaloux.se si c’est ton cas.

 

Psst : je t’ai concocté un Kit de survie au New Age si toi aussi tu baignes dans cet univers malsain.

Une série d’illustrations humoristiques qui pourront te rappeler que le New Age n’a pas ton consentement pour entrer dans ton esprit. Ou bien juste qui te feront rigoler un bon coup (du moins c’est mon vœu et il se manifestera si j’y crois assez fort, bien évidemment ^^).

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