À quoi sert mon métier ? 

Voici une question que je me pose très souvent, depuis longtemps et depuis le confinement plus particulièrement. 

Avant de me reconvertir dans la voie du graphisme, j’ai toujours eu des “vrais” métiers dans des contextes “utiles”. Des jobs faciles à expliquer et dont l’intérêt était direct. C’était d’ailleurs un critère de choix pour moi. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? “Je cherche des bugs sur des logiciels hospitaliers”. “Je développe un dossier médical informatisé pour les maternités”. “J’optimise un algorithme de détection des apnées du sommeil”. 

Simple, utile, efficace. 

Mais maintenant ? “Euh, je fais des logos et des portraits” ? Hum, et ça sert à quoi ? 

Et quand je lis certains discours nés pendant le confinement sur l’utilité sociale des métiers et donc des gens (!), ça me fait froid dans le dos. Chaque humain doit être utile, sinon… gare à son derrière ! C’est mal et le mal c’est vilain. Et ne parlons pas du discours manichéen sur l’argent (les gentils pauvres et les méchants riches), il y a du boulot encore là pour avoir un rapport sain à l’argent… 

Mais ce n’est pas de ça que j’aimerais te parler. 

 

 

J’aimerais te parler des Golganfricheux. 

Les Golganfricheux sont un peuple fictif de la “trilogie en cinq volumes” du Guide du voyageur intergalactique de Douglas Adams. Leur histoire m’a profondément marquée lorsque je l’ai lue. Je ne suis pas sûre de tous les détails mais je raconte ce dont ma mémoire se souvient et si tu ne veux pas de spoil, va donc directement au paragraphe suivant. 

Les Golganfricheux ont fui leur planète en péril sur divers vaisseaux spatiaux et chaque vaisseau abritait une catégorie professionnelle spécifique. Malheureusement pour eux, tous n’ont pas survécu lorsqu’ils ont pu gagner une nouvelle planète, seulement les marketeurs et les coiffeurs. Ils doivent tout réinventer et notamment la roue. 

Que font-ils ? Vont-ils couper du bois ou tailler des pierres pour construire une roue puis une autre ? Non. Ils organisent des réunions. Des réunions pour savoir quelle sera la couleur de la roue, quelles seront les tendances, comment ils l’appelleront, quels concepts ils vont créer pour la vendre, etc. 

Et évidemment personne n’est d’accord avec personne sur le sujet, les réunions n’aboutissent pas. Et la roue n’est pas inventée, tout simplement. Les Golganfricheux vivent d’autres histoires absurdes du même acabit qui montrent bien qu’ils sont complètement à côté de la plaque. 

 

 

À l’époque où je l’ai lue, cette histoire m’a bien fait rire. Déjà parce que j’étais étudiante en sciences et techniques (et tu connais peut-être l’animosité viscérale des étudiants scientifiques pour les “marketeux qui brassent du vent”) et ensuite parce que je ne me sentais pas concernée, moi ultra terre-à-terre, par ces “faux métiers”, ces faux-semblants, ce qu’on appelle maintenant les bullshit jobs. 

Je n’aime pas vraiment cette dénomination de bullshit jobs parce que ce n’est pas le job qui est pourri dans l’histoire. Un consultant qui optimise l’organisation d’une entreprise a un réel intérêt et fait un vrai métier, simplement sans entreprise extérieure à ré-organiser son métier ne peut pas exister (et sans éthique son activité pose problème également si elle se résume à licencier le plus d’employés possible). 

Le consultant est un peu comme une cerise sur un gâteau : sans gâteau la cerise a moins d’allure, elle redevient une simple cerise. C’est cette humble simplicité qui est souvent oubliée chez les consultants. 

 

 

Si je suis moi aussi comme cette cerise, à créer des images pour des entrepreneurs, qu’est-ce que cela dit de moi ? Et que devient la cerise sur le gâteau sans gâteau ? Peut-elle simplement rester cerise ? A-t-elle simplement le droit d’exister en tant que cerise ? Doit-elle se travestir en gâteau ? 

Alors que le gâteau sans cerise ne pose pas question, la cerise sans gâteau m’en pose toujours une. Dans le monde informatique, on appelle avec mépris “cosmétiques” les modifications, souvent bâclées, visant à rendre jolie une interface (un écran par exemple). Non sans une certaine misogynie je suppose. Maintenant que je fais moi-même du “cosmétique” j’ai quelques difficultés à voir ces activités de façon positive. Même si j’en vois rationnellement et vraiment l’intérêt, il me semble toujours que le “vrai” travail est ailleurs. 

Dans la “vraie” valeur apportée aux autres. Sur le front, comme on dit à l’heure actuelle. (Ce que c’est mal choisi, comme terme… !) 

Te poses-tu ce genre de questions sur ton activité ? 

 

 

 

Ce texte est issu des Coulisses pas lisses, la newsletter des vraies préoccupations, les tiennes et les miennes, loin des buzz et du lissage des réseaux sociaux.

Isabelle

J'aide les entrepreneur-e-s authentiques et passionnés à être visibles grâce à une identité visuelle qui leur ressemble.

Ainsi, ils/elles peuvent se consacrer pleinement et sereinement à leur cœur d'activité !

J'ai à cœur de traduire fidèlement leurs univers sous forme d'éléments visuels porteurs de sens et cohérents. Je sais qu'ainsi il leur est facile de toucher les personnes qu'ils/elles ont envie d'aider !

C'est aussi simple que ça. Gagnant-gagnant sur toute la ligne.

 

Je réalise également des illustrations, sites web et des supports de communication web & print.

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